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L’idée d’un passeport vaccinal divise en France et en Europe

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Alors que la campagne de vaccination contre le coronavirus a commencé il y a moins d’un mois en Europe, certains plaident pour la mise en place d’un passeport vaccinal. Il s’agirait d’un certificat de vaccination contre le coronavirus qui pourrait être présenté avant de voyager ; voire qui pourrait être obligatoire pour accéder à certains lieux comme les restaurants ou musées.

Au sein de l’Union européenne, la Grèce est le pays qui défend le plus ardemment l’idée d’un certificat de vaccination, pour relancer le trafic aérien et l’industrie du tourisme très durement touchés par la pandémie – le tourisme représente un cinquième du produit intérieur brut grec. Le pays plaide pour un certificat de vaccination standardisé, qui serait mutuellement reconnu par les 27 États membres, et que l’on pourrait présenter avant de prendre l’avion ou le bateau par exemple.

Pour le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, il ne s’agit pas d’en faire « une condition préalable en cas de déplacement », il ne serait donc pas obligatoire, mais il faciliterait les voyages pour les personnes vaccinées.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dite favorable à un tel certificat reconnu au sein de l’UE tout en soulignant que les droits qu’il pourrait ouvrir devaient faire l’objet d’une discussion au niveau européen – cette question des droits associés est, on s’en doute, la plus épineuse.

Le sujet divise les États membres. Pour la France, il est prématuré pour le moment. Il pourrait cependant être abordé lors de la réunion du Conseil européen, jeudi 21 janvier.

En France, obligatoire pour certaines activités ?

Le débat s’est invité en France, et il va plus loin, avec cette question : les personnes vaccinées pourraient-elles avoir des droits que les autres n’auraient pas, par exemple aller au restaurant ou au musée, assister à des concerts ou des événements sportifs, voire prendre les transports ?

Certains y sont favorables, en particulier dans le milieu économique. Selon ces derniers, cela permettrait de relancer des secteurs d’activité sinistrés, telle la restauration ou la culture ; et les personnes concernées pourraient reprendre une vie à peu près normale.

En revanche, pour ses opposants, ce passeport vaccinal est une mesure coercitive et discriminatoire. Cela reviendrait à créer une obligation de se faire vacciner contre le coronavirus, car il serait impossible d’accéder à certains services sans ce sésame. Or ce vaccin est laissé au libre choix des individus.

De plus, le nombre de personnes vaccinées est très faible, environ 420 000 personnes au 17 janvier. La campagne de vaccination s’adressant d’abord aux personnes âgées ou très fragiles et aux soignants, l’immense majorité de la population ne pourra pas, a priori, recevoir les injections avant plusieurs mois, avec à nouveau un échelonnement selon l’âge. Dès lors, il y a une inégalité d’accès au vaccin et il pourrait être difficile légalement de mettre en place un passeport vaccinal ouvrant des droits à certains – sans parler des personnes ayant une contre-indication au vaccin.

L’OMS opposée à un passeport vaccinal pour voyager

Enfin, une question scientifique est pour l’instant sans réponse certaine. Les études ont montré que les vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna, commercialisés au sein de l’Union européenne, protègent contre les formes graves de Covid ; en revanche, la preuve qu’ils empêchent la transmission du coronavirus n’a pas encore été apportée, même s’il est probable que ce soit le cas, au moins partiellement.

Pour cette raison, mais aussi parce que les vaccins ne sont disponibles qu’en quantité limitée pour le moment, l’Organisation mondiale de la santé est opposée à l’instauration d’un passeport vaccinal pour les voyages internationaux.

source: rfi

CIC ANVID RISSO

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